Du 7 aout au 5 septembre 2021

Du mardi au dimanche de 11 à 18h

Avec les artistes et artisans dart: Hélène Angeletti, Lionel Pesqué, Krystel Chavigny et Helena Selegren

Plasticienne, Hélène Angeletti travaille à partir de l’idée de prolifération en utilisant plusieurs médiums. Ses peintures et ses dessins, rythmés par le motif répétitif sont animés d’une vie autonome. Il en est de même pour ses oeuvres crochetées suspendues, posées, souples et malléables évoquent des êtres hybrides mêlant le végétal, l’animal ou la robotique. « Je crochète des objets pour établir une relation sensuelle à la forme, dans ses plis et ses courbes, son organicité, une relation de durée à laquelle correspond tel volume, tel poids de fil. »
Crocheter, c’est une manière de réfléchir au déroulement du temps, à ’émergence d’une forme, issue d’une combinaison de mailles. Le procédé de réalisation s’inscrit dans l’objet achevé.
« Séduire, c’est toujours aimer les boucles, les volutes, détours et détournements » écrit Gilbert Lascault dans un article intitulé « Boucles et noeuds ». Nous pouvons apercevoir des courbes à plusieurs échelles, chacune d’entre elle se répétant dans sa dimension propre. Le regard se perd se retrouve, cherche des repères. Il y a apparition, disparition et réapparition dans ces entrelacs complexes et labyrinthiques. Les lignes de ces formes organiques se brisent, se tordent, se multiplient, se brouillent s’intriquent en bifurcations et embranchements tortueux. Il y a « succession égarée de pertes et de retrouvailles de soi, de ruptures et d’unions, mime des circonvolutions du cerveau. »
 (Gilbert Lascault in L’aventure d’une horizontale)
Les formes prolifèrent et provoquent une « perte de vue » qui nous renvoient à notre incapacité à maîtriser et mesurer l’ensemble. Organique, cette prolifération est gérée par une démultiplication dynamique et autonome, comme animée d’une vie interne.
Le matériau joue de sa malléabilité, il se plie à ma volonté, mais s’émancipe…
Crocheter c’est aussi écrire. Une des premières écritures de l’humanité consistait à nouer des cordes. « Comment écrire de telle sorte que la continuité du mouvement de l’écriture puisse laisser intervenir fondamentalement l’interruption comme sens et la rupture comme forme ? » écrit Maurice Blanchot dans l’Entretien infini. Dans mon travail, l’interruption vient scander la régularité des points du crochetage. La rupture se manifeste par la torsion, la coupure, la courbure, la pliure, et lorsque la matière se fend, se déroule, se relâche, s’accumule en son centre, la forme s’impose alors.
Hélène Angeletti


Du 7 aout au 5 septembre 2021

Espace Les Coularys
 Rue principale
09130 Carla Bayle

https://www.carla-bayle.com/

Situé près de Toulouse, Carla Bayle est considéré comme Le village d’Art de l’Ariège