Du 19 novembre au 12 décembre 2021

Vernissage le 19 novembre à 18h
Vendredi, samedi, dimanche de 14 à 18h
entrée gratuite

« Les inspirations de la chapelle Saint Julien » et la ville du Petit-Quevilly présentent l’exposition personnelle d’Isabelle Senly avec l’aide à l’exposition 2020 de la région Normandie

« Chaque Nymphose est un dispositif sculptural modulaire, composé de fragments de sculptures en résine de différentes dimensions. Ces fragments sont associés les uns aux autres pour former un groupe homogène et s’affranchir du groupe sculpté traditionnel. Dans un effet d’irréalité, une sensation d’apesanteur, les Nymphoses donnent l’impression d’émaner du sol. Elles peuvent être détachées du mur pour venir se poser au sol sur les socles lumineux. Chaque exposition donne naissance à de nouvelles sculptures modulaires, que je nomme « Nymphoses ». »
Isabelle Senly

 

« Les joyaux organiques d’Isabelle Senly »
Par son travail, l’artiste ravive la mémoire de jeunes filles malades, recueillies dans la chapelle Saint-Julien du Petit-Quevilly. On ne sait rien d’elles ; pourtant, entre enfance et âge adulte, elles revivent ici, à travers ces Nymphoses qui en sont la dernière mue.
Quand Isabelle Senly façonne ses Chrysalides, elle donne forme à un monde tout en spirales, replis et translucidités. Au fil des années, animé de poussées et de métamorphoses, ce monde a pris de nouvelles dimensions. Au gré des excroissances, des concrétions et des greffes, les chrysalides sont devenues d’imposants groupes de sculptures baroques, des « Nymphoses » dont l’état de transformation permanente offre leur énigme aux yeux des spectateurs.
L’artiste œuvre en artisan, maîtrisant chaque étape de la croissance de l’œuvre. D’abord la chair : teinture et traitement du papier imprégné de résine, tissage de fils de coton entrelacé de papier. Puis le squelette : travail de vannerie à base d’osier choisi en fonction de sa souplesse. Enfin, la couture de la chair sur la structure, qui donne naissance à ces œuvres hybrides, entre êtres vivants et objets, nature et artefact.
Instinctive, la progression laisse une certaine latitude aux hasards du tressage du rotin. Ainsi ces membranes fragiles révèlent-elles des protubérances et des circonvolutions parfois imprévues, comme si l’artiste, en mettant au monde ces organismes délicats, se laissait elle-même surprendre par leur insondable mystère. À travers leur peau diaphane, les Nymphoses révèlent autant qu’elles dissimulent. L’éclairage des sculptures les illumine de l’intérieur : il affine la transparence de leur nacre, rend plus sensibles les zones d’ombres de leurs replis. Il en résulte un effet d’irréalité, une impression d’apesanteur. On dirait des joyaux organiques que l’artiste aurait extraits de sa propre intériorité et qui, issus des profondeurs, auraient proliféré, aériens, au sol ou sur les murs. Les oeuvres se déploient ainsi dans l’espace, devenant vêtements complexes, carapaces, armures aux teintes toujours délicates, comme autant de peaux multiples et changeantes.

Anne Malherbe, critique d’art, Paris

 

 

 


Du 19 novembre au 12 décembre 2021

Chapelle Saint Julien
rue de l’esplanade
Petit-Quevilly 76
M° Saint Julien 

02 35 62 62 15
+ infos sur la chapelle saint Julien et ses expositions: https://www.petit-quevilly.fr/bouger-et-sortir/equipements-culturels/chapelle-saint-julien