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Elyse Galiano

Née en France

Vit et travaille à Bruxelles depuis 2010

BELGIQUE

E-mail
contact@elysegaliano.com

Site web
www.elysegaliano.com

Photos « Conversation » : Stéphane Gérard
Autres photos : Aurélie Choiral

EXPOSITIONS INDIVIDUELLES

2019

Galerie Lyeux Communs – Tours (37) – FR

2017

Apolline, Constance et les autres… – Galerie Spazio Testoni – Bologne. IT

2013

La sagesse du solitaire – Centre Culturel de Marchin – BE

2012

Ophélia – Espace Ockegem – Tours (37) – FR

2007 – 2011

Une histoire d’intérieurs, ou la demeure habitée – Galerie les Bains Douches – Alençon (61) – FR

Une histoire d’intérieurs, ou la demeure habitée – Galerie La Caserne, Joué-les-Tours FR

Intérieur de courtoisies – Galerie d’art contemporain de l’Hôtel de ville de Chinon (37) – Fr

MerveilleS – Galerie Sainte-Anne – Tours (37) – FR

Témoins – Galerie Atelier Legault – Angers (49) – FR

 

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES ET SALONS

2019

Men, women & conscience – Villa Brentano – Manuel Zoia – Gallery – Milan – IT

Salon Paris Art Fair – Grand Palais -Independent Artists (IT) – Paris – FR

364 Elles – Centre Culturel de Schaerbeek – BE

EMusée en Plein Air du Sart-Tilman – Liège – BE

2018

Féministe toi-même – exposition et workshop broderie – Point Cultur – Bruxelles – BE

Fil rouge – Galerie Comtemporanea2 – C2 – Florence – IT

Faces – I volti dell’uomo – Salon Independent Artists – Villa Brentano – Milan. IT

Salon Arteam Cup – Galerie Spazio Testoni – Fondation Dino Zoli – Forli – IT

2017

Salon The Others Art Fair – Apolline, Constance et les autres… – présenté par galerie Spazio Testoni – Turin – IT

2016

Apolline, Constance et les autres… – Atelier Corradi – Bologne – IT

Féministe toi-même – Exposition et workshop broderie – Point Culture – Bruxelles. BE

Art TRuc Troc – Centre Culturel Wolubilis à Bozard – Bruxelles – BE

Horse Lit’z – Exposition en appartements privés – Parcours d’artiste – Anderlecht – BE

2015

Mécanique nécessaire – La Quincallerie – Ixelles – BE

Boudoir féministe – Pour Art’mazone, chez Amazone – Bruxelles – BE

2014

Voix de traverse – Atelier de broderie puis exposition – Projet européen – La Maison du conte et ACT studio – Bruxelles – BE

Motif à Mots – Galerie de l’Arthotèque – Montbéliard (25) – FR

Mannequin modèle – Exposition en duo – L’atelier de Brice Auconie – Tours FR

2007 – 2011

Intérieur de courtoisies – exposition Les anciens de… – Ecole des Beaux-Arts de Besançon (25) – FR

Fabulatoire constellations – Land art – Observatoire astronomique de Touraine – Production Les astres en scène – Tauxigny (37) – FR

MerveilleS – Château privé de la Tuffière – Angers (49) – FR

A l’envers de… – Production Impart / Expart – Abbaye de Saint-Georges-sur-Loire (49) – FR

 

 

INSTALLATION / PERFORMANCE

2013

Une histoire d’intérieurs, ou la demeure habitée – Installation et performance – la Nuit Blanche – Bruxelles – BE

 

 

COLLECTION

Macrale – Parcours Sentes – Domaine Provincial d’Hélècine – BE

 

 

EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES

Formatrice en broderie – Bruxelles – BE

Depuis 2014 – Scénographe – Compagnie La Guimbarde – Charleroi – BE

Depuis 2013 – Scénographe – Compagnie Lily & Compagnie asbl – Tournai – BE

Depuis 2011 – Assistante Ateliers de sculpture, costume, tapisserie – Théâtre Royal de la Monnaie Bruxelles – BE

Depuis 2013 – Intervenante en milieu scolaire – Mus-e asbl – Bruxelles – BE

DEMARCHE

 

Combat ordinaire

Il y a quelque chose de l’ordre du combat ordinaire dans le travail d’Elyse Galiano. Le combat d’une femme, sur des pratiques et des injonctions sociétales aussi anciennes les unes que les autres. C’est en se réappropriant ces pratiques, en les assimilant d’abord, autour du tissu, de la broderie, du lien, qu’Elyse nous met en lumière, en les travaillant, les carcans qui nous étaient/sont imposés depuis toujours. 

A l’instar de la maison, comme le disait Bachelard, la femme est « corps et âme ». Elle déambule à même les règles de vie et des formes de jeux qui lui sont imposés, préalablement, qui l’enserrent et la structurent.

Bien qu’il y ait effectivement « quelque chose » de fondamentalement modifié dans les bons conseils de droiture appliqués et attendus des femmes, sommes-nous pour autant si différent(e)s qu’au siècle passé, sommes-nous beaucoup plus libres les un(e)s par rapport aux autres? Résonnons-nous aussi fort que dans ces extraits de poèmes de Dickinson, retissés ou rebrodés sur ces mouchoirs anciens qu’Elyse a pris soin d’encadrer après les avoir réalisés? La dentelle est-elle fiable et friable de nos jours, ou est-ce toujours de bon goût qu’une frange de cette matière vienne à lécher nos jupons? Ces cheveux qu’elle a artistiquement apposé au niveau de la poitrine de cette nuisette nous dérangent-ils, et si oui, pourquoi?

Quelque chose a changé, évolué, c’est certain ; mais pour autant, regardons les corsets encore en place, ceux qui nous enserrent, révélons-les, montrons-les nous.

 

Rigueur et méthode…
La vie d’affaire. 

« La femme doit adopter dans une large mesure l’état d’esprit masculin. Elle travaillera avec exactitude, sérieux et méthode. » Convenances et bonnes manières, 1953.

C’est en renouant avec des pratiques de l’artisanat classique, aussi appliquées et destinées à la classe sociale la plus élevée, qu’Elyse déconstruit le ton péremptoire de l’ordre et de la méthode rigoureuse. De sa grand-mère, de sa mère, de son père,… elle a appris cette méthodologie quasi parfaite de la tenue d’un tissu, de son repassage à son port, du pliage à la façon de le ranger méthodiquement. Cette transmission tacite mais pratique d’un inconscient collectif est passé de génération en génération. A présent, elle brode, avec une infinie minutie, des phrases extraites d’anciens manuels d’éducation et de bonne manière à l’usage des jeunes filles. Elle coud ces textes avec des cheveux naturels.

Comprendre, apprendre, appliquer… pour éventuellement réfuter ces règles mises en lumières, se révolter contre cet ordre établi, ou encore le valider, après l’avoir déconstruit, éventuellement. 

Elle qui vient des arts appliqués se pose constamment la question du pourquoi des choses, elle cherche, manipule jusqu’à trouver le bon médium pour raconter cette histoire qui a du sens, qui transcende l’objet singulier vers une métaphore universelle, souvent dure, criante, secouante mais éclairante, pour tous et toutes.

 


 

Contre-chaos ordinaire

En travaillant à l’aide de matériaux naturels tels que les cheveux, Elyse insuffle cette force vitale à ses œuvres, à même les tissus et les tableaux…

On frise l’étrangeté de cet être qui apparaît, celui de l’objet, de ses pratiques, de ces non-dits sociétaux, de ces cheveux qui semblent vouloir s’échapper alors qu’ils sont si figés, quoiqu’encore vivants, mouvants. La petite fille que nous sommes encore pourrait encore presque jouer, s’amuser avec tous ces objets artistiques, sauf que nous ne sommes plus autant dupes, peut-être. Cette étrangeté révélée nous dérange et nous fascine. Nous ne pouvons plus faire comme si nous n’avions pas vu, deviné, compris ce que ces œuvres nous révèlent, à nous-mêmes et aux hommes.

Il y a quelque chose de très combatif toujours, dans le travail d’Elyse Galiano, contre (tout contre) le chaos, une démarche qui va à l’encontre du désordre sans forme, inapproprié. Chaque chose doit être à sa juste et jolie place, comme dans toute mise en espace digne de ce nom, comme dans un petit théâtre (qu’est notre vie), il convient que le décor soit adapté, que la saynète sonne juste et soit bien préparée, soignée, prête.

C’est dérangeant, angoissant de ce qu’on y devine, c’est glacé parfois, c’est fort et beau. C’est vivant, c’est féminin.

Samantha Crunelle. 2015
Accompagnement à la gestion de projets artistiques