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Pascal Monteil

EXPOSITIONS INDIVIDUELLES

2019

Résidence Fondation d’entreprise Martell – Cognac (16) – FR

2017

Je ne reconnais plus le soleil – Centre d’Art René d’Anjou – Château de Tarascon – Tarascon (13) – FR

 

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2018

De fils ou de fibres – Centre d’Art contemporain – Meymac (19) – FR

Chambres des merveilles – Centre d’Art René d’Anjou – Château de Tarascon – Tarascon (13) FR

2016

Llanto por la Monja Gitana – Musée Federico Garcia Lorca – Grenade – ESP

2015

The World upside down – Jor Bagh Station – Delhi – IND

2014

Lumières, Carte blanche à Christian Lacroix – Musée Cognacq-Jay – Paris – FR

2013

Anywhere out of the world – National Museum of India Delhi – IND

Enfer, Eden – Propriété Caillebotte – Yerres – France

L’incendie de l’âme – Instituts Français de Tanger et de Fès – MAR

2011

Art Paris, Je ne reconnais plus le soleil – Galerie Caroline Vachet – Paris -FR

2010

Amor, Oro y Demonios – Couvent Santa Clara – Carthagène – CO

Group show – IESA – Bruxelles – BE

2009

Icônes Terrestres, Portraits célestes I – Caroline Vachet Gallery – Lyon – FR FR

Fûdo – Caroline Vachet Gallery – Lyon –  FR

2008

L’appartement témoin Perret, habité par La voix humaine – Le Havre – FR

Spirit of the Cities II – Chittagong/Dhaka – Bangladesh/Madras – Pondichéry/Chandigarh – IN

2007

Spirit of the Cities I – Chittagong – BA

Spirit of the Cities I – Phnom Penh – CA

2006

Marayat & John Lee – Bug Gallery – Bangkok – THA

Calcutta : vaisseau baroque – Maison des Indes – Paris – FR

2005

D-Day, Le design aujourd’hui – Centre Pompidou – Paris – FR

Dialogues – Collection artistique deChristian Lacroix – Chine/Thaïlande/Singapour/ Israël…

2004

Pop Culture – Séoul/Singapour/Bangkok..

L’Inde – Centre des Arts – Enghien-les-Bains (78) – FR

2002

Fûdo – Galerie Alain Gutharc, Paris – FR

Mobiles Urbains – Abbaye de Maubuisson –  St Ouen-l’Aumône (95) – FR

Virtual Cities – Chandigarh, Delhi, Bombay, Calcutta, Pune, Bangalore… – IND

2000

Les Villes – Gallerie Alain Gutharc, Paris – FR

Photopolis – Bruxelles – Belgique.

1998

Les Naturistes – GalerieAlain Gutharc – Paris – FR

1992

Illivisibilité – A.B. Gallery – Paris – FR

 

 

COLLABORATIONS

2003

Création du décor de La forêt des cœurs sombres (théâtre) – Enghien-les-Bains (78) – FR

Texte de Christian Lacroix à l’occasion de l’exposition au Musée Lorca à Grenade.
Llanto por la Monja Gitana

J’ai rencontré Pascal Monteil il y a presque vingt ans. Je l’ai vu cheminer sur sa route initiatique.
Il incrustait alors des images dans des images, des personnages un peu contorsionnistes ou naturistes, racontant leurs histoires hermétiques dans des lieux aux perspectives subtilement falsifiées. Déjà une histoire de couture et couturage, de sutures expressives.
Puis il est passé, en même temps, par la miniature et la fresque, sortes d’enluminures monumentalement raffinées, savants labyrinthes d’architectures et de personnages définis au plus précis. Déjà une histoire de broderie.

Et aujourd’hui je suis stupéfait, ébahi, en découvrant cette nouvelle « station » sur son chemin, sa tapisserie et ses pantins, un artisanat énergique, musclé, presque martial, qui n’a rien de « l’ouvrage de dames ». Une tapisserie qui s’affirme bel et bien Peinture. Où la toile est un drap de lin, un drap de nonne, où les pinceaux sont acérés et perçants puisque ce sont des aiguilles, où la couleur « à même le tube », en coulures de laine brutes, est le fil, en gammes expressionnistes. « C’est du Brut », avec une légère fragrance de candeur, sans aucune naïveté .
Tapisserie « pénélopéenne ». Car on la soupçonne malgré tout sans fin, en « point d’orgue » ou toujours recommencée.
« En marche » en tous cas.

On part de la Chair, déchiquetée ou turgescente, putréfiée ou incandescente, bâillonnée, entravée, tuméfiée, décomposée; mais, paradoxalement, toujours musculeuse, « vivace », allègre, dynamique.
Pour arriver aux Âmes sombres et hiératiques, une population encore intranquille et masquée. Officiants et Initiés aux mystères, en éternel et inexorable exil.
Élus, peut-être. Passeurs vers l’autre Monde, d’autres Cosmos, vers l’Esprit. Croisant quelques fantômes et avatars divers, au travers de clairières calcinées, sous un soleil carbonisé et des nids incendiés, dans un envol de braises et de cendres. Avec, sous leurs pieds, le repos de Federico Garcia Lorca, le sommeil apparent de Sanchez Mejias, « sur la Terre comme au Ciel », car de leurs sépultures qui verdoient exsude une « guidance », le « Duende » probablement.

Cette fresque est un vrai « Canto » vers lequel converge toute une population de pantins livides et fardés, couturés et masqués, vifs et avachis, en rade ou en partance, échoués et désarticulés, tel « El Pelele » de Goya. Et une chèvre aussi, aux abois ou déjà morte, son oeil-soleil écarquillé en étoile, picassienne.
Archaïsme et innovation, signes cabalistiques, folie du désastre et de l’atrocité, sensualité des grimaces d’agonie, cri primal, vital.
Kaleïdoscope d’images à la poésie intense. Écriture automatique : par le biais de cette « touche », d’une « patte » unique, Pascal Monteil traduit celle de Lorca. Et se fait l’interprète, l’héritier, de toute l’Histoire de la Peinture, de la nuit des temps à nos jours. Grâce à une science innée de la broderie et de la couture. Grâce au fil qui se fait tour à tour gouache, aquarelle, glacis, huile épaisse, charbon de bois, scarifiant la toile, y faisant apparaître jours après jours, mois après mois, durant trois ans, cette Procession. Une Ascension en fait.