Pascal Monteil

Pascal Monteil

Pascal Monteil

Vit et travaille à Arles (13)
FRANCE

E-mail
pascalairlines@yahoo.fr

Site web
www.pascalmonteil.net
Film au Château de Tarascon

Pascal Monteil est né en 1968 à Nîmes.
Il vit et travaille à Arles

 

EXPOSITIONS INDIVIDUELLES
2020  
Galerie Regala, Arles (13) FR

2017  
Je ne reconnais plus le soleil – Centre d’Art René d’Anjou – Château de Tarascon – Tarascon (13) FR

2016  
Llanto por la Monja Gitana – Musée Federico Garcia Lorca – Grenade – Espagne

2015  
The World upside down – Jor Bagh Station – Delhi – Inde

2013  
Anywhere out of the world – National Museum of India Delhi – Inde
Enfer, Eden – Propriété Caillebotte – Yerres
L’incendie de l’âme – Instituts Français de Tanger et de Fès – Maroc

2010  
Amor, Oro y Demonios – Couvent Santa Clara – Carthagène – Colombie

2009  
Icônes Terrestres, Portraits célestes I – Galerie Caroline Vachet– Lyon (69) FR
Fûdo – Galerie Caroline Vache– Lyon (69) FR

2008  
L’appartement témoin Perret, habité par La voix humaine – Le Havre(76) FR
Spirit of the Cities II – Chittagong/Dhaka – Bangladesh/Madras – Pondichéry/Chandigarh – Inde

 2007  
Spirit of the Cities I – Chittagong – Bangladesh
Spirit of the Cities I – Phnom Penh – Cambodge

2006  
Marayat & John Lee – Bug Gallery – Bangkok – Thaïlande
Calcutta : vaisseau baroque – Maison des Indes – Paris (75) FR

2004  
L’Inde – Centre des Arts – Enghien-les-Bains`(95) FR

2002  
Fûdo – Galerie Alain Gutharc –  Paris (75) FR

2000  
Les Villes – Galerie Alain Gutharc  – Paris (75) FR

1998  
Les Naturistes – Galerie Alain Gutharc – Paris (75) FR

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES
2020  
Love etc… – Musée Bargoin – Clermond-Ferrand (63) FR

 2018  
De fils ou de fibres – Centre d’Art contemporain – Meymac (19) FR
Chambres des merveilles – Centre d’Art René d’Anjou – Château de Tarascon – Tarascon (13) FR

2014  
Lumières, Carte blanche à Christian Lacroix – Musée Cognacq-Jay – Paris (75) FR

2005  
D-DayLe design aujourd’hui – Centre Pompidou – Paris (75) FR
Dialogues – Collection artistique de Christian Lacroix – Chine/Thaïlande/Singapour/ Israël…

2004  
Pop Culture – Séoul/Singapour/Bangkok..

 2002  
Mobiles Urbains – Abbaye de Maubuisson –  St Ouen-l’Aumône (95) FR
Virtual Cities – Chandigarh, Delhi, Bombay, Calcutta, Pune, Bangalore… – Inde

2000  
Photopolis – Bruxelles – Belgique

1992  
Illivisibilité – A.B. Gallery – Paris (75) FR

 

COLLABORATIONS
2003  
Création du décor de La forêt des cœurs sombres (théâtre) – Enghien-les-Bains (78) FR

 

« Pascal Monteil est né pour la dernière fois à Nîmes en 1968. Il a été auparavant tisserand à Tabriz, ceramiste à Kyoto, peintre d’icônes à Istanbul ou batelier à Calcutta. 

Jérusalem et Vienne vivent encore en lui.  

Après des études de beaux-arts à la Villa Arson, il part 35 ans durant, vivre et désapprendre sur les chemins d’Asie. Il y cherche partout des fils anciens et rompus pour retisser une autre histoire de la peinture. 

Suite à une rétrospective « Je ne reconnais plus le soleil » au château de Tarascon en 2017, il décide d’installer en Arles son atelier. La galerie Régala donne à voir ses derniers travaux, qui se plient et déplient à la manière des cartes routières. Mais c’est ici une géographie intérieure et désarticulée ; « A la merci du soleil ».

Sur des toiles de chanvre du 19ème siècle, Pascal Monteil, tisse un fil qui – selon Christian Lacroix –  se fait tour à tour gouache, aquarelle, glacis, huile épaisse, charbon de bois, scarifiant la toile, y faisant apparaître jours après jours, mois après mois(…) des processions, des exils, des architectures effrayées, des poètes sur des civières, des descentes de lits d’artistes, des barques pour prophètes et des papes défaillant sous le poids des fleurs.  

On chemine dans cet univers tremblant comme dans les ruines de souvenirs très anciens ; on s’y sent à l’abri. Pascal Monteil semble convier Morandi, Giotto, Van Gogh, Paradjanov ou Behzad à des apocalypses joyeuses et lentes. 

Le chanvre hurle sous les coups fatigués de l’aiguille qui ne s’arrête jamais. L’horloge c’est le juif errant et la peinture le dernier refuge. »

Biographie, écrite par Rayas Richa (écrivain)

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Texte de Christian Lacroix à l’occasion de l’exposition au Musée Lorca à Grenade.
Llanto por la Monja Gitana

J’ai rencontré Pascal Monteil il y a presque vingt ans. Je l’ai vu cheminer sur sa route initiatique.
Il incrustait alors des images dans des images, des personnages un peu contorsionnistes ou naturistes, racontant leurs histoires hermétiques dans des lieux aux perspectives subtilement falsifiées. Déjà une histoire de couture et couturage, de sutures expressives.
Puis il est passé, en même temps, par la miniature et la fresque, sortes d’enluminures monumentalement raffinées, savants labyrinthes d’architectures et de personnages définis au plus précis. Déjà une histoire de broderie.

Et aujourd’hui je suis stupéfait, ébahi, en découvrant cette nouvelle « station » sur son chemin, sa tapisserie et ses pantins, un artisanat énergique, musclé, presque martial, qui n’a rien de « l’ouvrage de dames ». Une tapisserie qui s’affirme bel et bien Peinture. Où la toile est un drap de lin, un drap de nonne, où les pinceaux sont acérés et perçants puisque ce sont des aiguilles, où la couleur « à même le tube », en coulures de laine brutes, est le fil, en gammes expressionnistes. « C’est du Brut », avec une légère fragrance de candeur, sans aucune naïveté .
Tapisserie « pénélopéenne ». Car on la soupçonne malgré tout sans fin, en « point d’orgue » ou toujours recommencée.
« En marche » en tous cas.

On part de la Chair, déchiquetée ou turgescente, putréfiée ou incandescente, bâillonnée, entravée, tuméfiée, décomposée; mais, paradoxalement, toujours musculeuse, « vivace », allègre, dynamique.
Pour arriver aux Âmes sombres et hiératiques, une population encore intranquille et masquée. Officiants et Initiés aux mystères, en éternel et inexorable exil.
Élus, peut-être. Passeurs vers l’autre Monde, d’autres Cosmos, vers l’Esprit. Croisant quelques fantômes et avatars divers, au travers de clairières calcinées, sous un soleil carbonisé et des nids incendiés, dans un envol de braises et de cendres. Avec, sous leurs pieds, le repos de Federico Garcia Lorca, le sommeil apparent de Sanchez Mejias, « sur la Terre comme au Ciel », car de leurs sépultures qui verdoient exsude une « guidance », le « Duende » probablement.

Cette fresque est un vrai « Canto » vers lequel converge toute une population de pantins livides et fardés, couturés et masqués, vifs et avachis, en rade ou en partance, échoués et désarticulés, tel « El Pelele » de Goya. Et une chèvre aussi, aux abois ou déjà morte, son oeil-soleil écarquillé en étoile, picassienne.
Archaïsme et innovation, signes cabalistiques, folie du désastre et de l’atrocité, sensualité des grimaces d’agonie, cri primal, vital.
Kaleïdoscope d’images à la poésie intense. Écriture automatique : par le biais de cette « touche », d’une « patte » unique, Pascal Monteil traduit celle de Lorca. Et se fait l’interprète, l’héritier, de toute l’Histoire de la Peinture, de la nuit des temps à nos jours. Grâce à une science innée de la broderie et de la couture. Grâce au fil qui se fait tour à tour gouache, aquarelle, glacis, huile épaisse, charbon de bois, scarifiant la toile, y faisant apparaître jours après jours, mois après mois, durant trois ans, cette Procession. Une Ascension en fait.