Le papier, la parole, le dessin, le collage, la poésie, le tissu, l’installation et la broderie sont les moyens d’expression d’Andrea Cocca, artistiquement connu sous le nom de Cenzo. Sa recherche avance sur la pointe des pieds au sein de la tradition visuelle et culturelle de son île, la Sardaigne, portée par l’urgence de refuser l’homologation de l’image et la prétention de vouloir assainir la réalité. Au contraire, elle y insuffle de l’archaïque et du contemporain, du ludique et du sacré, de l’anthropologique et du magique.
Il existe une beauté vibrante dans la tradition lorsqu’elle se meut à travers le réel ; le signe et la parole brisent la vitre de la vitrine pour se contaminer au ici et maintenant, et ainsi naît une pratique contemporaine dont seul l’artiste, le chercheur, peut se faire l’acteur, renouvelant et perpétuant dans cet acte la création de choses nouvelles.
Des œuvres d’une tension raffinée émergent. Il ne s’agit pas seulement d’une fusion de nouveauté, mais de quelque chose de plus profond, de plus vrai, de plus immédiat : c’est une sagesse qui affleure du chaos. Chaque œuvre est toujours un murmure de vie vécue, racontée par des visions fantastiques qui entrent dans le présent comme une gelée matinale.
Lorsque l’on observe une œuvre de Cenzo, on comprend qu’il a vécu chaque ligne, chaque signe, dans le mouvement de son crayon ou de son aiguille. La première fois que j’ai vu une œuvre de Cenzo, j’ai pensé à la fillette au manteau rouge dans le noir et blanc de La Liste de Schindler de Steven Spielberg : la beauté qui se meut, indifférente à la foule.